ActualitéNon classé

LES 24 HEURES DU MANS AU CONCOURS D’ETAT

Les 24 Heures du Mans seront largement représentées le dimanche 30 juin prochain à Chantilly Arts & Elegance Richard Mille. Entre le centenaire de Bentley et le cinquantenaire de la Porsche 917, nombreuses seront les classes incluant des voitures qui ont participé à l’épreuve.

Chantilly Arts & Elegance Richard Mille entretient une relation particulière avec les 24 Heures du Mans, en témoigne la présence du président de l’ACO Pierre Fillon dans le jury. Dès la première édition, en 2014, une classe dédiée aux « voitures d’endurance à moteur central pré-1976 » avait rassemblé des Ford GT40, Ferrari 512S, Lola T70… Depuis, chacun des Concours d’Etat a réuni des GT et des prototypes de toutes époques avec, en prime, un Best of Show en 2017 pour la Ferrari TR 58 victorieuse en 1958. Cette année encore, les voitures ayant participé aux 24 Heures du Mans seront en nombre : Bentley Speed 6 (1930), Frazer Nash Le Mans Coupé (1953), Aston Martin DBR1 (1959), Porsche 911 GT1 (1997) et bien d’autres. Focus sur trois modèles étonnants.

CLASSE : LES ASTON MARTIN DE COURSE (APRES-GUERRE)
VOITURE : ASTON MARTIN DB4 GT ZAGATO (1961) CHASSIS 0182R 

Fruit d’une collaboration entre le constructeur anglais et le carrossier italien, cette voiture marque le début d’une longue histoire liant Aston Martin et Zagato. Trois modèles ont participé aux 24 Heures du Mans. L’un d’entre eux sera à Chantilly.

La DB4 GT Zagato, produite en 19 exemplaires, est déjà très désirable par son allure et sa fiche technique. Le châssis 0182R, aussi surnommé « 1VEV » (pour son immatriculation), est encore un peu plus spécial de par son passé sur les circuits du Mans, de Goodwood, Monza et Montlhéry, ainsi qu’aux glorieux champions qui l’ont piloté, à savoir Roy Salvadori, Innes Ireland et Jim Clark ! Il s’agit de l’un des deux exemplaires DP209 (modèle allégé) issus de l’Essex Racing Stable, une écurie privée à l’époque étroitement soutenue par l’usine. En 1961, ces deux voitures ont été les grandes animatrices du Championnat du Monde de Grand Tourisme en rivalisant avec les Ferrari 250 GTO. Le prestige et la beauté intemporelle de l’Aston Martin DB4 GT Zagato en font l’une des automobiles les plus recherchées. D’ailleurs, en 2018, la voiture sœur « 2VEV » a été vendue plus de 11 millions d’euros par la maison Bonhams.

CLASSE : LES PORSCHE 917
VOITURE : PORSCHE 917K81 (1981)

On ne présente plus la Porsche 917, victorieuse aux 24 Heures 1970 et 1971, puis héroïne du film « Le Mans » avec Steeve McQueen. Plusieurs modèles originaux seront en lice à Chantilly… ainsi qu’une réplique ! Oui, mais elle est exceptionnelle.

Vieille de 12 ans d’âge, la Porsche 917 revient aux 24 Heures du Mans 1981 ! Le pari des frères Kremer est médiatique, mais sportif aussi car, avec son flat 12 de 570 cv, l’évolution ultime peut jouer un rôle dans la course, d’autant qu’elle bénéficie du soutien discret de l’usine (fourniture des plans d’origine et de deux moteurs). Présentée à la fin du mois de mai, la « vieille » est trop… neuve ! Rapidement, elle affiche ses limites d’adaptation aux pneumatiques modernes et les quelques retouches aérodynamiques apportées à la carrosserie « queue courte » s’avèrent désastreuses : la réplique plafonne à 300 km/h dans les Hunaudières. Aussi discrète en course qu’aux essais, elle pointe 9ème durant la 3ème heure quand des problèmes de capot arrière se déclarent. Son pilote, Bob Wollek, prend peur et se fâche avec les sponsors en refusant de continuer l’aventure qui, de toute façon, s’achève à la tombée de la nuit (moteur cassé).

CLASSE : LES GT D’ENDURANCE A PARTIR DE 1994
VOITURE : MCLAREN F1 GTR (1995) CHASSIS 02R

Entrepris il y a 30 ans, le projet McLaren F1 « version route » allait connaitre un succès imprévu sur les circuits, avec des couleurs emblématiques (Gulf, Harrods, César). La décoration présentée à Chantilly n’est apparue qu’une fois en compétition, au Japon.

 Lancé en 1994 par Jürgen Barth, Patrick Peter et Stéphane Ratel, la série BPR connait un succès immédiat. Pour concurrencer les Porsche 911 bi-turbo et autres Ferrari F40 LM, la firme McLaren conçoit une version course de sa « F1 ». Propulsé par un V12 BMW de 6 litres, le modèle fait figure d’épouvantail, raflant 10 des 12 manches du championnat. Mieux, profitant de la pluie qui valorise l’équilibre du châssis au détriment de la puissance du moteur, la F1 GTR fait sensation aux 24 Heures du Mans en remportant la course, monopolisant même quatre des cinq premières places. Outre la performance rare de placer une GT devant tous les prototypes, McLaren réussit l’exploit de s’imposer dès sa première venue. Le châssis présenté à Chantilly est celui classé 4ème qui, délaissant sa livrée Gulf pour une décoration proche du modèle victorieux, a ensuite remporté les 1 000 km de Suzuka avec le trio Bellm-Sala-Sekiya.